Le Jardin de Jumaju


      Conservatoire National de Roses Anciennes
   Les Fieffes
   14350 MONTCHAMP
   courriel: roses-fieffes@orange.fr
   Tél fixe: 02/31/67/34/09
   portable: 06/21/88/05/92

   coordonnées GPS du parking du jardin
   Ouest 0 46,1904       Nord  48 55,683
   Le Jardin est ouvert au public
   de fin mai ( cette année le 28/05) au 14/07
   de 10 h à 18 h
   tous les jours
   fermeture le vendredi pour entretien
   Tarif: visite libre adulte 6,50 euros
         gratuit pour les enfants de moins de 16 ans
   groupes sur rdv visite libre ou commentée
Accueil
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                             Quelques vieilles photos pour illustrer nos propos sur l'achat de cette fermette du XVIIIème siècle et la création de ce qui deviendra le Jardin de Jumaju
Sept 1979 compromis signé 1980 début des travaux 1991 la maison est habitable 1994 la première gloriette 1995 un verger pas de jardin 1997 les massifs sont prêts


En 1979, nous sommes en poste à Caen et nous savons qu'il faudra continuer une carrière faite de postes successifs.
Nous songeons à acquérir une résidence qui pourrait être d'abord une résidence secondaire et pourquoi pas dans le futur notre résidence de retraite.
Le bocage que nous connaissons nous semble la zone la plus agréable avec de nombreuses fermettes du XVIIIe ou XIXe entourées de terrains herbagers.
Si nous souhaitons planter des rosiers en nombre, il faut trouver un sol qui leur conviennent et surtout une bonne exposition.
 Les recherches menées par Dominique et une amie nous conduirons à visiter plusieurs de ces "ruines" placées sur les versant des coteaux dont le sous-sol est composé d'une épaisse couche d'argile mais aussi et surtout exposées au sud.
  Finalement ce sera Montchamp à l'extrémité d'un hameau isolé.
La photo ci-dessus ne rend pas bien compte de ce qu'était réellement cette ruine couverte de fibro, de tôles et de reste de chaume.
Dans la pièce principale du rdc,en face de laquelle nous nous trouvons, étaient élevés des poulets, ensuite c'était une grange surélevée et une étable avec des restes de fumier puis un poulailler et dans le hangar ouvert un élevage de veaux. Les principaux habitants des lieux étaient des rats et des mulots....Il fallait être inconscient dirons-nous plus tard!
Pendant une dizaine d'années, toutes les vacances ou presque seront consacrées aux travaux dans cette maison.
La photo de 1991 vous montre la version dans sa version finale (ou presque !) avec une surface habitable développée de 260m2
Comme nous manquions de place, nous avons adjoint à l'arrière un atelier jardin, un atelier de bricolage le tout sur 50 m2
et enfin un garage pour 2 ou 3 voitures de80 m2
Vous avez raison....pour deux personnes....ça va !

L'histoire d'une passion
C
'est presque un compte de fées...Au début, un enfant qui aime les fleurs et surtout les roses que sa grand-mère entretien au bord des allées du jardin potager. L'hiver il faut aller dans les haies des herbages de la ferme récupérer des églantiers bien droits et d'au moins 1 m20 de haut. En juin, ils seront écussonnés à partir de greffons provenant de relations, comme elle, passionnées par les roses. J'apprendrais ainsi, avant de faire ma première communion à écusonner avec un couteau de cuisine passé sur le fusil et des bouts de laine pour serrer les greffons !
Quelques années plus tard, la passion est toujours présente et avec Dominique nous visiterons de nombreuses roseraies ou jardins de roses et prendrons des centaines de photos argentiques et remplirons des cahiers d'écolier de notes sur les rosiers  ou sur les associations possibles et tous les autres aspects des jardins déjà célèbres.
Lorsque nous planterons nos premiers rosiers, ce sera après avoir visité le jardin personnel d'André Eve et c'est d'ailleurs sur ces conseils que seront achetés et plantés les 30 premiers sujets installés face à la maison.

Aujourd'hui il ne nous manque dans les principales familles que trois ou quatre rosiers dont nous ne sommes pas assurés qu'ils sont encore existants. Le Net est un grand facilitateur de recherches mais nombreux sont les sites créés il y a plusieurs années sur des données parfois non vérifiées et qui se révèlent des sources de désillusions et cela est vrai de tous les pays. Pour l'anecdote, j'ai été questionné par un amateurs de roses  dont un aïeul avait créé la rose  Sultan ou Sultane de Zanzibar.
Un rosiériste de Pennsylvanie disait l'avoir dans sa collection et la Roseraie du Val de Marne également en fait dans les deux cas, la roses était morte chez ces deux "détenteurs" qui n'avait pas cru bon de mettre à jour leur site et leur fichier.
J'ai demandé l'aide du Consul de France à Zanzibar qui à passé un message aux rosiéristes du pays mais sans succès.... encore une de perdue parce que conservée dans trop peu de jardins.

Lorsque je dis que le déclin de ces chères roses semble inéluctable, c'est bien parce que je vois disparaître des rosiéristes, ceux qui résistent diminuent la multiplication de ces sujets au bénéfice des rosiers qui semblent avoir la faveur du public.
Un tout petit peu d'histoire récente. Après la Seconde Guerre Mondiale, la rose la plus vendue au monde a été une création de Francis Meilland en 1935, mise sur le marché en 1942: Mme A Meilland au cSur jaune tendre  et dégradé de rose avec des franges rose pâle. Les américains en tomberont amoureux, la débaptiseront pour la commercialiser aux USA sous le nom de Peace en 1947 puis les australiens leur emboitèrent le pas. Le sort des Hybrides de Thé était scellé pour 25 ans au cours desquels tous les rosiéristes du monde rivalisèrent d'ingéniosité pour offrir des coloris toujours plus surprenants et le marketing leur colla des noms de vedettes. A la fin des années 70 André Eve eut bien du mal à faire revivre les anciennes.
Austin qui avait imaginé croiser des anciennes pour leurs qualités et les modernes pour la longueur de la floraison eut toutes les peines du monde à s'imposer. Pourtant ceux qui l'avaient dénigré créaient leur propre gamme  avec les mêmes sources de croisement. Aujourd'hui elles se sont imposées. Heureusement pour les rosomanes, le sérieux et le soin apporté dans les sélection des premières années qui faisaient de ces rosiers des plantes exemptes de maladies, a nettement baissé et la qualité de toutes ces roses n'est plus toujours au rendez-vous. Néanmoins, le public aime leurs formes, leurs coloris et par dessus tout leurs parfum et la durée de la floraison. Nos anciennes ne peuvent pas lutter....mais si, elles ont tellement d'autres  qualités et de diversité.
Espérons que malgré tout, nous saurons mieux que dans le passé, sauvegarder ce patrimoine.....
la période dans laquelle nous sommes entrés semble bien difficile pour nos chères vieilles mais il ne faut désespérer de rien et faire comme le laboureur de la fable.....continuer de planter et d'entretenir sans rien attendre d'autre en retour que le sourire et le parfum d'une rose !